C’est fini le running en ville! Les joggeurs n’ont plus le droit de courir où ils veulent en Sierra Leone. Le pays a mis en place l’interdiction de courir dans les rues à la fin du mois de juillet en prétextant des problèmes d’incivilités et de dangers avec les automobilistes.

Le running : un facteur de nuisances

Selon les autorités, les coureurs troubleraient la circulation et dégraderaient les voitures. Le porte-parole de la police explique même que le pire arrive le weekend. Comme on peut le lire dans le communiqué de la police diffusait sur les réseaux sociaux, les runners s’introduiraient dans les propriétés privées et mettraient leur musique trop fort! Du coup, depuis le 27 juillet, les officiers redirigent les joggeurs vers la plage ou les bases de loisirs, seuls endroits autorisés pour enchaîner les foulées de manière pacifique.

Le Sport déjà interdit à l’école

Le gouvernement de Sierra Leone n’en ai pas à son coup d’essai. En mars 2017, le ministère de l’Éducation avait déjà interdit la pratique du sport dans les écoles primaires et secondaires de la capitale Freetown après des incidents ayant causé la mort d’un étudiant. Concernant la défense de courir dans les rues de Sierra Leone, une ONG de défense des droits de l’homme a attiré l’attention de la police sur la conformité de cette interdiction avec le droit national et international. « Nous voulons rappeler aux policiers qu’il y a des lois garantissant à chaque citoyen de Sierra Leone le droit de se réunir. Ils ne doivent dès lors pas agir d’une manière qui ne serait pas raisonnable et justifiée dans une société démocratique. »

Interdiction sur fond d’enjeux politiques…

En ce moment, la Sierra Leone est en pleine campagne présidentielle. Beaucoup de candidats organisent des rassemblements sportifs pour faire leur pub. Ils constituent notamment des groupes de running où les coureurs arborent fièrement des tee-shirts aux couleurs des partis politiques. Ainsi, selon plusieurs journalistes locaux, les vraies raisons de cette interdiction de courir dans les rues seraient en fait politique. Évidemment, les candidats préfèrent voir un coureur grimé aux couleurs de leur parti plutôt qu’avec un tee-shirt lambda! Un citoyen de Freetown s’interroge sur Twitter: « Quelle est la vraie menace? Des jeunes hommes courir pour le fun ou des vieillards courir pour la présidence? »