Aujourd’hui, le tapis de course est la machine d’exercices la plus utilisée dans le monde. Les salles de sport en sont remplies. On les retrouve aussi chez les particuliers. Juste en France, il se vend environ 70.000 tapis roulants chaque année . Nous allons voir d’où le tapis de course tire ses origines et par quelles étapes il est passé avant de devenir le roi des salles de fitness.

Utile dans l’architecture romaine

On retrouve les prémices du tapis roulant à la fin du 1er siècle après JC. Cette machine porte le nom de grue de Polyspastos. Comme on le voit sur cette enluminure, ce système de « roue de hamster » sert dans la construction pour porter des matériaux très lourds. Placé à la verticale, l’ouvrier doit entrer à l’intérieur de la grande roue et marcher pour faire monter les charges.

Ce système a été utilisé jusque dans les années 1900. On a pu retrouver plusieurs modèles dont un assez large pour s’adapter à deux personnes.

L’ancêtre des engins agricoles

Au début du 19ème siècle, le tapis roulant est utile dans les fermes et les moulins jusqu’à l’arrivée des machines motorisées. En effet, il n’y a que la force humaine ou animale pour faire les travaux agricoles. Lorsque les agriculteurs ont besoin de faire tourner le beurre, de moudre le grain, de pomper de l’eau ou de pétrir de la pâte, ils utilisent les chevaux, les chèvres, les moutons et même les chiens pour alimenter les tapis roulants de toutes tailles. Ces tapis disposent d’une bande de roulement inclinée. Les animaux, en marchant sur le plancher en bois, actionnent le mécanisme.

treadmill-horse-machine
dog-treadmill-machine
tapis-course-chien

C’est de cette utilisation agricole que le « treadmill » (tapis de course en anglais) tire son nom. « Tread » signifie « bande de roulement et « Mill » veut dire « moulin ».

Instrument de torture et de répression

L’utilisation de ce « treadmill » gagne les prisons britanniques. William Cubitt, ingénieur et fils d’un meunier, propose d’utiliser ce dispositif à grande échelle pour « guérir » les prisonniers de leur oisiveté et en même temps produire un travail utile. Son « escalier infernal » voit le jour en 1818. Jusqu’à 40 prisonniers pouvaient être dessus. Tous les jours, les matons veillaient à ce que les détenus grimpent les marches de cette machine entre six et dix heures consécutives.

treadwheel-prison-england
tapis-course-origines

Selon des calculs savants des journalistes du Times en 1827, chaque jour, c’est comme si les prisonniers gravissaient la moitié du Mont Everest. L’existence de cet escalier infernal a duré jusqu’en 1898, date de son acte d’abolition officiel en Grande Bretagne.

Le tapis de course de l’entre deux guerres

A l’époque du style « Gatsby », seuls les gens fortunés pouvaient s’acheter des tapis roulants. C’était généralement pour leurs chiens mais ils s’en servaient aussi eux-mêmes. A vrai dire, ils l’utilisaient plus pour prendre la pose (comme les deux midinettes) ou pour marcher que pour courir car le mécanisme était lourd et très rudimentaire. Le modèle des années 30 devient plus « confortable ». On voit une pin-up en talons hauts sourire sur l’un des photos et pour cause, les lattes en bois ont été remplacées par du tissu résistant.

treadmill-1920-sprintbok
1920-exercise-machine
running-pinup-treadmill

Si les machines de sport commencent à gagner du terrain dans l’espace public à cette époque, les tenues, par contre ne sont pas adaptées à leur pratique !

Quand les médecins s’en mêlent

En 1952, aux Etats-Unis, Robert Bruce, cardiologue et Wayne Quinton, ingénieur ont inventé le premier tapis roulant médical. Muni d’un tas d’outils, il permet de mesurer la santé cardio-vasculaire de leurs patients.

treadmill-robert-bruce
quinton-earlytreadmill-run
chien-tapis-course

Pour mettre au point leur machine, Quinton a testé le système sur un chien à l’Université de Washington.

Aujourd’hui, on trouve toujours des tapis roulants médicaux dans les hôpitaux, les centres de réadaptation et les cliniques de thérapie physique.

La course : bon pour le corps

En 1968, le Docteur Kenneth Cooper vente les mérites de la course à pied dans un livre (qui deviendra un bestseller) intitulé « Aérobic ». Il conseille de courir un mile (1,6 km) en huit minutes, quatre à cinq fois par semaine.

Inspiré par le livre de Cooper, William Staub conçoit et invente le premier tapis roulant destiné à être utilisé à la maison. Cet ingénieur en mécanique et pionnier en conditionnement physique remarque qu’il n’existe pas de tapis roulants pour une utilisation commerciale. Il met au point le prototype de ce que sera le Pace Master 600 et l’envoie au Docteur Cooper. Le médecin trouve l’idée géniale et aidera Staub à commercialiser son tapis.

publicite-pacemaster-course
brochure-treadmill-pacemaster

Les excès et le retour aux sources

Dans les années 70 et les décennies suivantes, les tapis de courses se démocratisent dans les maisons et les centres de fitness. Il en existe de toutes sortes : légers, massifs, avec un moniteur LCD, des hauts-parleurs intégrés, etc… Dans cette ère du plastique et du « made in China » ou « made in Taïwan », les tapis de course ressemblent plus à des armes de guerre qu’à des machines de sport.

Il faut attendre 2016 et la mise en vente du Sprintbok pour véritablement redécouvrir le tapis roulant originel. Ce tapis de course français est épuré, élégant et naturel sans pour autant délaisser le côté performant. Non-motorisé, le Sprintbok permet aux sportifs de dépenser plus de calories et de se muscler plus rapidement que sur un tapis classique.

Il s’agit du premier tapis de course au monde conçu avec 70% de bois (multiplis de bouleau). Deux années d’études ont été nécessaire à Matthieu Gru, son inventeur, pour le mettre au point. Il s’est entouré d’ingénieurs, de sportifs de haut niveau et d’un designer pour le mettre au point.

tapis-sans-moteur